Deux problèmes majeurs liés au
diabète peuvent avoir de graves conséquences en plongée sous-marine:
- Un risque d'hypoglycémie. Une
hypoglycémie pourra altérer de façon marquée le jugement et même souvent causer
une perte de conscience. Le risque du diabète en lien avec la plongée est
l'hypoglycémie. En plongée, plusieurs éléments déclencheurs pour une
hypolycémie peuvent être rencontrés: exercice, froid, heures de repas
modifiées.
- Une hypoglycémie entraînera une altération du jugement et de l'état
de conscience pouvant aller jusqu'au coma. Il va sans dire qu'une perte de
conscience sous l'eau signifie presqu'inévitablement la noyade.
Une incidence accrue de maladie
cardio-vasculaire. Les plaques athéromateuses se développeront plus rapidement
chez le sujet diabétique, et souvent la première manifestation clinique sera
l'infarctus du myocarde. Une vérification de façon approfondie de la condition
cardio-vasculaire s'impose donc.
Traditionnellement, tout
diabétique était considéré inapte à la plongée. Dans les dernières années,
différentes organisations en médecine de plongée ont réexaminé la question et
une attitude moins restrictive a été adoptée. Ainsi, pour les diabétiques
traités par la diète ou des hypoglycémiants oraux ne comportant pas de risque
d'hypoglycémie, la plongée peut être autorisée en autant que la condition
physique du candidat soit bonne. Pour ce qui est des diabétiques traités avec
un hypoglycémiant oral pouvant causer hypoglycémie (glyburide ou association de
2 hypoglycémiants ) ou traités avec des injections d'insuline, des
recommandations particulières ont été énoncées par des organismes européens (
UK sports diving committee) et américains (UHMS/DAN).
Les recommandations du UK sports
diving committee permettent la plongée chez le diabétique qui:
- n'a pas eu d'hypoglycémie dans la dernière année
- n'a pas eu besoin d'être hospitalisé pour une
complication de son diabète dans la dernière année
- a un contrôle adéquat
du diabète, tel que démontré par les glycémies capillaires et
l'hémoglobine glyquée. De plus, le médecin doit être d'avis que le plongeur est
mentalement et physiquement apte à la plongée
- ne démontre pas d'évidence d'atteinte des
organes-cibles, c'est-à-dire : pas de microalbuminurie, pas de
rétinopathie, pas de neuropathie, pas d'atteinte macro ou microvasculaire
Du côté américain, UHMS et DAN
ont publié en 2005 des « guidelines » concernant le diabète et la
plongée. Voici leurs recommandations:
Sélection et
surveillance
- âge de plus de 18 ans
- délai minimal après début ou modification médication:
- 3 mois pour un
hypoglucémiant oral
- 1 an pour insuline
- pas d'épisode d'hypoglycémie ou hyperglycémie nécessitant
intervention dans la dernière année
- pas d'épisode d'hypoglycémie sans symptôme annonciateur
- Hémoglobine glyquée < 9 % à l'évaluation médicale initiale et
annuelle
- Pas de complications majeures secondaires au diabète
- Médecin doit évaluer le patient annuellement et s'assurer qu'il
comprend bien sa maladie et les facteurs pouvant provoquer une
hypoglycémie
- Recherche d'une ischémie silencieuse (maladie cardiaque) pour
les candidats de plus de 40 ans
- Le candidat atteste qu'il suivra le protocole pour plongeurs
avec diabète et qu'il cessera toute plongée et consultera advenant le
cas d'une complication liée à son diabète lors d'activité de plongée
Type de
plongée permise
- Le plongeur doit éviter :
- profondeur > 100 pi.
- durée de plongée > 60
min.
- plongée nécessitant
palliers de décompression
- environnement confiné (
pénétration d'épaves, cavernes, etc...)
- situations qui peuvent
précipiter hypoglycémie ( ex : eau froide, courant fort nécessitant
effort physique accru )
- Le copain de plongée et le Divemaster doivent être avisés de la
condition et de la façon d'intervenir en cas de complication (
correction d'une hypoglycémie)
- Le copain de plongée ne doit pas être diabétique
Contrôle de
la glycémie le jour de la plongée
- Auto-évaluation de sa condition physique générale
- Glycémie capillaire égale ou supérieur à 8,3 mmol/L, stable ou
augmentant, avant l'entrée à l'eau:
- compléter au moins 3
mesures de glycémie capillaire avant la plongée afin de voir la tendance de
la glycémie (60 min., 30 min. et immédiatement avant plongée)
- une modification de la
médication hypoglycémiante ou de l'insulinothérapie le soir précédent ou la
journée de la plongée peut être nécessaire
- Retarder la plongée si:
- glycémie capillaire <
8,3 mmol/L
- glycémie capillaire >
16,7 mmol/L
- Médications de secours disponibles:
- le plongeur doit toujours
avoir avec lui du glucose oral
- du glucagon injectable
doit être disponible à la surface
- Si hypoglycémie survient lors de plongée : le plongeur doit
faire surface avec son copain, établir une flottabilité positive,
ingérer glucose liquide et sortir de l'eau
- Surveiller la glycémie capillaire fréquemment pour les 12-15
heures suivant la plongée
- S'assurer d'une hydratation adéquate lors des journées de
plongée
- Documenter les plongées ainsi que les mesures de glycémie
capillaire
Last update on 2010-07-12 by Administrateur.